Flatulence ? Définition !
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Flatulence ? Définition !

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Petit point de vocabulaire : on utilise souvent le mot « flatulence » pour désigner l’émission de gaz par l’anus. En réalité, la flatulence (du latin flatus qui signifie ‘gaz’ ou ‘vent’) désigne plus précisément l’accumulation de gaz dans l’intestin. Elle peut s’accompagner de ballonnement (impression désagréable que le ventre est gonflé) ou de maux de ventre. Dans le langage commun, un pet (ou familièrement un prout) correspond en fait à l’évacuation par l’anus de gaz intestinaux. Pour certains, un « pet » se définirait comme un gaz intestinal émis avec bruit et une « vesse » une émission silencieuse et malodorante1.

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Le volume d’une flatulence est de 33 à 125 mL environ et leur volume total se situe entre 200 et 700 mL par jour chez des personnes en bonne santé2.

Quant à leur nombre moyen par jour, il est de 10 (avec de grandes variations en fonction des personnes et des situations) et ne dépasse pas en général 201.

A quoi servent les flatulences ?

Les gaz qui n’ont pas été absorbés dans le tube digestif sont évacués par l’anus pour éviter qu’ils ne s’accumulent (voir« D’où viennent les gaz intestinaux »). En réalité, on perd une partie importante de ces gaz également au moment de la défécation.

A quoi sont dues les flatulences ?

Tout le monde a des flatulences !

Pour tordre le cou à une idée reçue, en la matière, il faut dire qu’il n’y a pas de différences entre les hommes et les femmes. Personne n’est épargné quelle que soit la catégorie sociale ou quel que soit le pays… Mais pourquoi certains individus sont plus sujets aux gaz que d’autres ? Et pourquoi a-t-on plus de flatulences dans certaines situations ?

En dehors de rares problèmes médicaux, ce sont l’alimentation et les bactéries contenues dans le tube digestif qui sont principalement à l’origine des gaz intestinaux (voir « D’où viennent les gaz intestinaux »). En effet, la digestion, qui commence dans l’estomac et se poursuit dans l’intestin grêle, fait intervenir les bactéries de notre microbiote : elles nous aident à digérer les aliments, et produisent des gaz par un processus de fermentation.

Certains produits alimentaires sont particulièrement pourvoyeurs de gaz ! Vous en avez probablement déjà fait l’expérience… Et vous vous souvenez de ces gaz provoqués par cette simple assiette de haricots blancs que vous avez consommés ! L’ingestion de certains aliments conduit en effet à une augmentation de la production de gaz… Et en augmentant le volume de gaz intestinaux dans le tube digestif, vous allez fatalement devoir en éliminer davantage ! 3

Il n’y a pas que les fibres (son de blé, céréales…) et les aliments riches en fibres alimentaires (comme les haricots blancs, le pain complet, les pois secs…) qui peuvent augmenter la production de gaz,1,4 . Des féculents cuits puis consommés refroidis peuvent également se révéler flatulogènes (pâtes cuites pour salade, riz à sushi). De plus, certains fruits contiennent des sucres qui ne sont pas absorbés dans l’intestin grêle et que les bactéries du tube digestif (notamment du côlon)transforment en gaz par fermentation. 1,4

A lire aussi : Ces aliments qui donnent des gaz

Par ailleurs, il faut savoir qu’une partie des gaz contenus dans le tube digestif vient de l’extérieur et notamment de l’air qu’on avale. Certaines situations font ingérer davantage d’air, comme par exemple le fait de mâcher un chewing gum.  On avale également une grande partie du gaz contenu dans les boissons gazeuses1. On parle alors d’aérophagie : ingestion de gaz ou d’air qui pénètre dans l’œsophage et l’estomac.(C’est bien d’ailleurs le sens étymologique du mot aérophagie).

Pourquoi certaines flatulences sont-elles malodorantes ?

L’odeur est en fait liée à la présence d’une faible proportion de gaz odorants sulfurés : le sulfure d’hydrogène (H2S) responsable d’une odeur d’œuf pourri, le méthanethiol (CH3SH) qui sent plutôt le chou pourri, et le sulfure de diméthyle (CH3)2S qui évoquerait davantage le chou cuit. Ces gaz qui contiennent du soufre (S) proviennent, entre autres, de la transformation des sulfates et de la méthionine (présente en particulier dans les œufs). Pour vous donner une idée de leur pouvoir odorant, sachez que ces gaz sulfurés ne représentent pourtant qu’une part infime de ceux évacués (moins de 1 %). Comme pour les autres gaz, la production des gaz malodorants est une question d’apports alimentaires et de bactéries présentes dans le tube digestif qui s’occupent de les digérer. Certains légumes sont plus « à risque » que d’autres, comme les choux de Bruxelles, le brocoli, le chou, le chou-fleur, ou encore la bière5.

Quand en parler à un professionnel de santé ?3

Si vos gaz et les douleurs qu’ils occasionnent sont permanents et/ou si intenses qu’ils ont un retentissement dans votre vie quotidienne, parlez-en à votre médecin ou demandez conseil à votre pharmacien.

Il faut également consulter si ces symptômes s’accompagnent d’autres signes qui peuvent révéler des maladies plus graves comme :

-un changement de la consistance ou de la fréquence des selles

-une perte de poids

-l’apparition d’une constipation ou d’une diarrhée

-des nausées ou de vomissements persistants ou récurrents.

-des douleurs abdominales prolongées.

A lire aussi : « Flatulences c’est grave docteur ? »

Y-a-t-il un traitement ?

Tenir un journal de vos repas / boissons et de vos « émissions » de gaz vous aidera, vous et votre médecin, à déterminer les meilleures options pour modifier vos habitudes alimentaires. Il se peut que vous deviez éliminer certains aliments ou en consommer de plus petites portions (5).

Enfin, dans le cas particulier de l’intolérance au lactose, vous pouvez essayer des laits ou des produits laitiers sans lactoses ou des produits laitiers enrichis en lactase pour faciliter la digestion (5).

A lire aussi : « Que faire en cas de flatulences excessives ? » 

Références

1. Bigard M-A, Pey{« type »: »block », »srcClientIds »:[« 260ea09a-9833-46d2-9f92-9ca826c09aa4″], »srcRootClientId »: » »}rin-Biroulet L. Gaz digestifs. EMC, 2016

2. Serra J, Azpiroz F, Malagelada J-R. Intestinal gas dynamics and tolerance in humans. Gastroenterology. 1998;115(3):542–550.

3. https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/gas-and-gas-pains/symptoms-causes/syc-20372709

4. Ducrotte P. Abdominal bloating: an up-to-date. Gastroenterol Clin Biol. 2009;33(10-11 Suppl):F94–100.

5. https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/gas-and-gas-pains/diagnosis-treatment/drc-20372714